Line Renaud
International French Recording Artist and Film Actress

Line Renaud and Las Vegas Artist Randy Soard
Los Angeles, California - L'Orangerie 2002
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Le 2 juillet 1928, une jolie petite fille vient
au monde chez les Enté, à Pont-de-Nieppe, près d' Armentières, dans le Nord
de la France, dans une famille modeste dont la maman est sténodactylo et le
papa camionneur dans une usine de textile. D'une blondeur angélique, gratifiée d'un regard au bleu étincelant que rehausse une sorte de léger voile reflétant sans doute les brumes de sa région natale, elle portera le prénom de Jacqueline. S' il passe les jours de la semaine sur les routes, son père met à profit les week-ends pour exercer ses talents de trompettiste dans une fanfare locale, et il procure en toute logique ses premières notions de musique à la petite Jacqueline. À son entrée à l'école primaire, la fillette chante déjà fort gracieusement, et se distingue si bien qu'elle remporte à l'âge de 7 ans un concours d'amateurs.
Alors
que les sinistres rumeurs du conflit avec l' Allemagne s'affirment de plus
en plus et que la guerre paraît inévitable, le père de Jacqueline est
mobilisé, partant pour une absence qui durera cinq années et au cours de
laquelle il sera un temps prisonnier. Dans le café que tient sa grand-mère à Armentières, chantant pour eux avec le même charme tranquille qu'elle arborera sa vie durant, la petite Jacqueline fait la joie des soldats français ou alliés qui cantonnent dans les parages avant de partir au combat tandis que sa mère rêve de faire d'elle une institutrice.
Mais
sa scolarité révèle davantage de dons pour l'espièglerie que pour les études
approfondies, et il semble certain que, déjà, les rêves de Jacqueline soient
ailleurs. Lorsqu'une amie découpe dans un journal local une annonce
concernant des auditions pour le Conservatoire de Lille, elle s'inscrit en
secret, ignorant que la recherche concerne en fait des chanteurs classiques.
Arrivée
devant le jury, elle chante un blues très populaire écrit par Loulou Gasté,
"Sainte-Madeleine", puis, à la demande des jurés, une deuxième chanson,
choisissant un autre titre de Loulou Gasté, " Mon âme au diable ".
A
l' issue des auditions, un monsieur se présente à Jacqueline Enté.
En 1945, au lendemain de la guerre enfin terminée, elle décide de tenter sa
chance à Paris, décrochant un premier engagement aux Folies Belleville, l'un
des prestigieux music-halls de l'époque.
Si
la voix est belle et la jeune fille mignonne, un travail de fond est
cependant indispensable et Gasté explique ce qu' il lui faudra modifier pour
se créer une image nouvelle et une véritable personnalité d'artiste. Peu disposée à se plier à des transformations qu'elle juge un peu radicales, elle refuse tout net, puis réalise qu'une telle chance ne se présentera peut-être plus jamais, et finit par accepter... d'autant qu'elle n'est pas insensible au charme de Loulou. Si c'est elle qui choisit de s'appeler Renaud, le nom de sa grand-mère maternelle, il abrège son prénom en Line, plus original et plus doux que Jacqueline, lui impose des cours de danse et de chant, modifie sa coupe de cheveux, son style vestimentaire, et insiste pour qu'elle suive un régime amaigrissant...
C' est à Radio Luxembourg, où elle chante dans
les émissions très populaires du dimanche matin, que Line Renaud fait ses
débuts nationaux. Peu après, elle passe en première partie d' Yves Montant au Théâtre de l' Etoile.
Elle enchaîne par une énorme tournée à travers
l'Europe et l' Afrique, rentre à Paris pour être la vedette de l'ABC,
mythique music-hall des années 1950 où elle triomphe littéralement, tout en
accumulant les succès discographiques avec des adaptations de chansons
américaines "Ma petite folie", "Etoile des neiges" ou "Le chien dans la
vitrine".
Un soir, le grand comique américain Bob HOPE
est dans la salle. Mais ce n'est pas tout, car l'Amérique s'est véritablement prise d'affection pour l'artiste française au charmant accent et à la voix un peu rauque, et elle est invitée à participer également aux shows télévisés les plus regardés : ceux de Johnny Carson, de Dinah Shore, et surtout de Dean Martin, avec qui elle enregistre en duo une chanson restée célèbre, " Relaxez-vous ".
Line Renaud revient au cinéma pour tourner en
1955 " La Madelon ", film qui lui vaut de recevoir le Prix du Prestige de la
France, et en 1956 "Mademoiselle et son gang", tous deux mis en scène par
Jean Boyer et dont Loulou Gasté a écrit la musique.
En 1959, Henri Varna, l'un des rois du music-hall parisien, lui propose de
devenir meneuse de la revue du Casino de Paris, qui, intitulée "Plaisirs de
Paris", tiendra l'affiche durant quatre ans. C'est là que les directeurs
artistiques du Dunes, l'un des plus grands casinos de Las Vegas l' engagent
pour un spectacle spécialement créé à son intention.
Revenue à Paris, elle y remonte sur la scène du
Casino pour une nouvelle revue, "Désirs de Paris", mais en 1968 Las Vegas la
rappelle pour une suite de spectacles, dont elle assure aussi la mise en
scène et la direction artistique.
Nous sommes en 1980, et Line Renaud va se
remettre, après cette longue halte parisienne, à franchir sans cesse l'
Atlantique dans les deux sens, participant aux Etats-Unis aux grands shows
télévisés produisant en France " Telle est Line " sur Antenne 2, et
enregistrant des disques tant en anglais qu' en français. Engagée sans restriction dans la lutte contre un fléau mondial, elle organise des événements artistiques et télévisés permettant de recueillir des fonds pour aider dans leurs recherches les scientifiques Français. Profitant de sa notoriété internationale, elle obtient même l' appui très actif de plusieurs vedettes américaines, qui lui apportent leur précieux concours.
En 1986, elle part en Floride jouer "Folle Amanda", adaptée en anglais sous
le titre 'The incomparable Loulou" et mise en scène par Charles
Nelson-Reilly, puis rentre en France pour tourner, avec Michel Galabru et
Fanny Cottençon, dans le film de Roger Coggio adapté du "Mariage de Figaro".
Pourtant, si la planète entière la connaît, il
est un pays où elle ne s'est jamais rendue autrement que par disque
interposé, faute de temps.
À la télévision américaine, elle tourne "Memories of midnight" avec Jane
Seymour et "Sands of time" avec Roddy McDowall, tous deux réalisés par
Michael Viner, et à la télévision française "Polly West est de retour" de
Nelly Kaplan, au côté de Michel Galabru, ainsi que "Rendez-moi ma fille"
avec Valérie Kapriski.
Choisissant
le travail comme thérapie, Line Renaud crée au mois de septembre, à Lyon,
une nouvelle adaptation de "La visite de la vieille dame" de Friedrich
Durrenmatt, quelle reprendra un peu plus tard à Paris au Théâtre du Palais
Royal. Après avoir tourné pour le petit écran "La grande béké" et "A nous deux la vie", Line Renaud, fidèle à son engagement et à ses convictions, participe à la quatrième Marche Pour La Vie organisée à Paris dans le cadre de la lutte contre le sida. Pour elle, en effet, ce combat est l'un des plus importants au monde, tant l'épidémie s' étend en Afrique, en Asie ou dans les pays de l'Est, et il reste indispensable de continuer à recueillir des fonds pour aider la recherche, mais aussi les associations d'aide aux malades et les familles.
En juin 1999, Simone Enté, la maman de Line s'éteint à 94 ans, au terme d'une longue complicité et d' un long élan d'amour, et Line, une fois encore, s'investit dans le travail pour farder sa peine.
En septembre, la voici de retour en Amérique, où elle participe à
l'inauguration de l'hôtel Paris Las Vegas, qui reproduit à échelle réduite
les plus grands monuments et les quartiers les plus caractéristiques de la
capitale française, à commencer par la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe. |
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Biographie, par Alain-Guy Aknin et Philippe Crocq |